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Low Tech : un pivot culturel comme solution à la pollution numérique ?

On dénombre environ 34 milliards de terminaux numériques en circulation dans le monde. Pour simplifier, c’est quatre fois plus que d’êtres humains sur terre. Sachant que le numérique émet 1,5 gigatonnes de gaz à effet de serre au niveau mondial (ce qui, en passant, correspond à deux à trois fois les émissions annuelles de la France) et que 75% des déchets électroniques ne sont pas recyclés, on comprend vite que le numérique est une source majeure de pollution. 

Et pourtant, il est certain que « le numérique est un formidable levier pour la transition écologique et la lutte contre le changement climatique ». Le but du jeu, n’est donc pas nécessairement une régression, un retour en arrière, mais bien de trouver un numérique beaucoup plus compatible avec la transition écologique.

Quelles sont les solutions ?

Parmi elles, il y a l’écoconception des sites web et des services numériques que nous avons déjà beaucoup documentés. Mais n’oublions pas que la pollution numérique est avant tout une pollution d’équipements : ordinateurs, smartphones, câbles, serveurs… 

En tout ce sont 48 milliards d’objets connectés d’ici 2025 selon le GreenIT.fr

S’ils sont incroyablement simples ergonomiquement, leur composition n’en est pas moins complexe, de vraies bombes écologiques : cuivre, aluminium, étain or, palladiumtantale, europium cobalt, lithium, carbone… Pour fabriquer un ordinateur portable, il faut mobiliser environ 800 kg de matière première soit environ 350 fois son poids.

Or, Les fabricants de terminaux informatiques, misent sur l’obsolescence de leurs produits pour nous encourager à en racheter de nouveaux avec des pratiques pleines d’ingéniosité : fragilité des objets, coût exorbitant des réparations, indisponibilité des pièces détachées, marketing agressif,… Tout est bon pour nous faire consommer, et les résultats sont là : on divise par deux le cycle de vie de ces équipements hypertechnologiques. Effarant lorsque l’on sait que passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50% son bilan environnemental. 

Comment donc répondre au défi de faire durer nos appareils plus longtemps ? Si le consommateur a un rôle à jouer en faisant des choix de consommation différents, il semble trop facile de leur jeter la pierre. Encore et toujours eux ? 

Il y a aussi une autre solution : repenser la conception matérielle pour que les produits durent plus longtemps, en imaginant des produits pérennes et réparables, alternatifs, avec des business models solides. Cette solution, elle s’appelle Low Tech !

1- Les Low Tech : une solution à la pollution numérique ?

Définies comme l’ensemble des technologies durables visant la sobriété énergétique et matérielle, les low technologies prennent la forme d’objets numériques réparables et/ou recyclables, d’appareils reconditionnés ou autre, à la consommation énergétique la plus faible possible. Conçues d’après les principes de l’éco-conception, elles intègrent les enjeux environnementaux à toutes les étapes de vie du produit dans le respect des trois piliers du développement durable (social, économique et environnemental). 

Les atouts d’une telle technologie sont nombreux : 

  • Combat l’obsolescence programmée 
  • Réduction de la part de déchets 
  • Production locale favorisée et création d’emplois
  • Diminution de la consommation d’énergie 
  • Technologie simple, basée sur l’Open source (= ouverte à tous)
  • Utilisation limitée des ressources fossiles 

Pour résumer, les low tech sont des innovations en adéquation avec les limites physiques de la planète. Elles sont donc une solution à la pollution numérique. 

Ainsi, elles prennent des formes variées.

2- Quelques exemples de Low Tech :

Saviez-vous que 88% des français changent de portable alors que l’ancien fonctionne encore ? Ca vous paraît beaucoup à vous aussi ? Face à ce constat de nombreuses innovations émergent sur le principe de la modularité. Cette technologie permet à ses utilisateurs de remplacer eux-mêmes en toute simplicité les pièces de leurs appareils électroniques lorsqu’elles sont défaillantes. Ingénieux n’est-ce-pas ?

Le téléphone portable modulaire : 

Prenons l’exemple de la marque Fairphone. De leur conception à leur utilisation, ses smartphones sont pensés pour être durables et produire le moins de déchets possibles. Ainsi, ils sont conçus à partir de matériaux labellisés et non issus de zones de conflits dans le monde. A titre d’exemple, l’or utilisé est labellisé commerce équitable. 

De plus, ils sont fabriqués à partir d’éléments modulaires. C’est-à-dire qu’ils peuvent être remplacés indépendamment les uns des autres et, ce, par tout le monde grâce à un système simple et accessible ! Ils disposent également de toutes les dernières fonctionnalités que l’on prête aux smartphones actuellement. À l’heure où nous écrivons cet article, nous en sommes à la 4ème génération de Fairphone, et le niveau de qualité du produit est excellent.

Garantis 5 ans, ces téléphones sont fait pour durer indéfiniment. 

Fairphone réparable et démontable

L’ordinateur portable modulaire : 

La marque Cairn Devices, quant à elle, s’est spécialisée dans la fabrication d’ordinateurs. Elle est partie du principe suivant : le premier élément à faire défaut avec le temps, c’est la batterie. Or, aujourd’hui, il est de plus en plus compliqué de remplacer cette pièce. Ainsi, afin de lutter contre cela, ils ont pensé un ordinateur entièrement modulable. L’intégralité de ses pièces sont amovibles et on peut les changer d’une simple pression, même pas besoin de vis ! Un système qui permet de prolonger considérablement la durée de vie d’un ordinateur. Après avoir sorti leur clavier mécanique fabriqué en France, l’équipe travaille à la finalisation du Cairn Mesa, ordinateur portable modulaire, dont les composants peuvent être changés facilement, rapidement et sans risque de casse. 

ordinateur portable démontable et modulaire

Conclusion

Ainsi, agir sur son impact numérique est à la portée de tout le monde. Il suffit de bien choisir ses appareils électroniques. Dans ce cas, acheter ce type de produit est en partie un acte militant, puisqu’on choisi de financer des technologies, nouvelles, alternatives, qui doivent parfois encore faire leurs preuves.  

Si le système modulaire est une low tech répandue et abordable, il existe d’autres alternatives. A vous de faire le choix qui vous convient le mieux.


Découvrez dans cette article comment reconnaître un site web éco-conçu et nos exemples de sites écoconçus !


On voulait évoquer notre micro-aventure dans l’eco conception numérique de notre site, sans compétences en code. Qui peut le plus peut le moins.